Il suffit de passer sous la grande arche en fer forgé de la rue Edmond Rostand pour comprendre que l’on entre dans un quartier à part. À quelques pas de la Préfecture, entre la rue de Rome et la rue Paradis, le quartier des Antiquaires cultive depuis des décennies un certain art de vivre marseillais : celui des belles choses, des objets qui ont une histoire, des artisans et des commerces indépendants.
Et c’est justement ici, au 16 rue Edmond Rostand, que Chez Laurette a choisi de poser ses valises.
Une rue chargée d’histoire
Avant de devenir le repaire des chineurs, la rue Edmond Rostand a elle-même connu plusieurs vies. Appelée autrefois rue du Marbre, puis rue Montaux à partir du XIXe siècle, elle prend son nom actuel le 18 novembre 1919, en hommage au célèbre dramaturge marseillais Edmond Rostand, auteur de Cyrano de Bergerac. Et ce choix n’a rien d’un hasard : l’écrivain est né en 1868 au numéro 14 de cette même rue, à deux pas de Chez Laurette.
Le quartier se développe au XIXe siècle, à une époque où la bourgeoisie marseillaise s’installe autour de la Préfecture. Elle laisse derrière elle ces beaux immeubles aux façades en pierre de taille qui donnent encore aujourd’hui aux rues environnantes leur élégance si particulière.
La rue abrite également un patrimoine plus inattendu. Au numéro 19 se trouve l’église Saint-Nicolas-de-Myre, construite en 1822 et présentée par l’Office de tourisme comme la plus ancienne église grecque catholique de France. Un peu plus haut se dresse le couvent des Dominicains, dont l’église fut inaugurée en 1878 et dessinée par Pierre Bossan, également architecte de la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon.
Des antiquaires depuis les années 1950
C’est véritablement à partir des années 1950 que les environs de la rue Edmond Rostand commencent à devenir le quartier des Antiquaires que connaissent les Marseillais. Antiquaires, brocanteurs, bouquinistes, galeristes, ébénistes, encadreurs et décorateurs s’y installent progressivement, attirant collectionneurs et chineurs à la recherche de la pièce rare.
À la fin des années 1980, commerçants et habitants se regroupent autour de l’Association Rostand, contribuant à faire vivre et connaître le quartier. Ses journées de brocante et d’antiquités deviennent au fil des ans un rendez-vous régulier, durant lequel les objets quittent les boutiques pour envahir les trottoirs et la rue retrouve des airs de grand marché à ciel ouvert.
Et puis, en 2007, apparaît cette fameuse arche en fer forgé “Quartier des Antiquaires”, devenue depuis l’un des signes distinctifs de la rue.
Un quartier qui se réinvente
Aujourd’hui, le quartier des Antiquaires continue d’évoluer. Les marchands d’objets anciens et les galeries y côtoient désormais des boutiques de créateurs, de mode et de décoration, des
artisans et des restaurants.
Et finalement, c’est peut-être ce mélange qui lui va le mieux.
On vient toujours rue Edmond Rostand pour chiner et chercher l’objet que l’on ne trouvera pas ailleurs, mais aussi pour flâner, déjeuner, découvrir une jeune marque, pousser la porte d’une petite boutique indépendante ou simplement profiter d’un Marseille différent, plus confidentiel.
C’est exactement cet esprit qui nous plaît Chez Laurette : faire cohabiter les histoires et les générations, défendre le travail des créateurs et des artisans, privilégier les objets choisis plutôt que standardisés et conserver cette petite part de surprise qui fait le charme des commerces indépendants.
Dans un quartier historiquement consacré aux objets qui ont déjà vécu, Chez Laurette apporte les beaux objets, les belles créations et les bonnes choses d’aujourd’hui.
Et quelque part, la boucle est bouclée.
